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Ferroviaire : 134 MMDH pour moderniser le réseau d’ici 2030

Le Maroc poursuit le développement de ses infrastructures ferroviaires à travers un programme d’investissement, complété par des projets additionnels, représentant une enveloppe globale de 134 milliards de dirhams à l’horizon 2030. Cette programmation comprend notamment le prolongement de la ligne à grande vitesse entre Kénitra et Marrakech, le raccordement du port Nador West Med, l’acquisition de 168 nouveaux trains et le développement des services ferroviaires de proximité. Ces orientations ont été présentées mercredi 14 octobre à Rabat, lors du deuxième Forum international sur le financement des projets ferroviaires en Afrique.

Le Maroc entend accélérer la modernisation de son réseau ferroviaire à travers une programmation d’investissement dont l’enveloppe globale atteint 134 milliards de dirhams à l’horizon 2030, en incluant un programme complémentaire.

Ce montant a été annoncé par le ministre du Transport et de la Logistique, Abdessamad Kayouh, dans une allocution prononcée en son nom par le secrétaire général du ministère, Zine El Abidine Britel, à l’ouverture du forum.

Les investissements concernent les infrastructures, le matériel roulant et les services de transport. Ils doivent notamment accompagner l’expansion urbaine, la progression des besoins de mobilité et le développement des activités économiques.

Grande vitesse, liaisons portuaires et trains de proximité

Parmi les principaux projets figure le prolongement de la ligne à grande vitesse entre Kénitra et Marrakech, destiné à renforcer les connexions entre plusieurs pôles économiques et urbains du Royaume.

Le programme comprend également le raccordement ferroviaire du port Nador West Med, afin d’améliorer l’articulation entre les infrastructures portuaires et le réseau national de transport de marchandises.

Le développement des trains de proximité dans les grandes agglomérations constitue une autre priorité, dans un contexte d’augmentation des déplacements quotidiens.

À ces projets s’ajoutent la modernisation du réseau existant et l’acquisition de 168 nouveaux trains, destinés à renouveler le matériel roulant et à renforcer les capacités de transport.

Selon le ministre, ces investissements doivent également accompagner les préparatifs de la Coupe du monde 2030, tout en répondant à des besoins de mobilité et de développement économique à plus long terme.

Un cadre contractuel entre l’État et l’ONCF

La réalisation de cette programmation repose sur un cadre contractuel établi entre l’État et l’Office national des chemins de fer (ONCF).

Ce dispositif définit les investissements à réaliser, leurs modalités de financement et les engagements respectifs des parties concernées.

Abdessamad Kayouh a également évoqué la mobilisation de financements importants, notamment à travers des instruments de financement verts, ainsi que le renforcement des mécanismes de gestion des risques financiers.

Ces orientations visent à diversifier les ressources disponibles et à accompagner des projets nécessitant des engagements financiers de longue durée.

Le ministre a par ailleurs insisté sur la nécessité de prévoir des financements couvrant non seulement la construction des infrastructures, mais également leur exploitation et leur maintenance.

Il a appelé à une mobilisation accrue des banques de développement et des institutions financières internationales et régionales, ainsi qu’au développement de mécanismes de garantie susceptibles de favoriser la participation des capitaux privés.

L’Afrique face au défi des corridors ferroviaires intégrés

Au-delà des projets marocains, les discussions ont porté sur le développement des réseaux ferroviaires à l’échelle continentale.

Le chef du département transport à la Commission de l’Union africaine, Eric Ntagengerwa, a souligné l’importance de privilégier des corridors transfrontaliers intégrés, reliant les ports, les zones industrielles, les plateformes logistiques et les marchés.

Selon lui, ces infrastructures pourraient contribuer à réduire les coûts de transport et à renforcer les échanges économiques entre les pays africains.

Il a rappelé que la mise en place d’un réseau ferroviaire intégré constitue l’un des projets de l’Agenda 2063 de l’Union africaine.

Sa réalisation nécessite toutefois une meilleure coordination des projets, une harmonisation des normes techniques et la mobilisation de financements adaptés.

Eric Ntagengerwa a également insisté sur l’importance de cadres réglementaires prévisibles, de procédures transparentes de passation des marchés et de mécanismes de partage des risques pour attirer les investisseurs privés.

Organisé sous le Haut Patronage du Roi Mohammed VI, le deuxième Forum international sur le financement des projets ferroviaires en Afrique se tient à Rabat les 14 et 15 octobre 2026.

Coorganisée par l’Union internationale des chemins de fer (UIC) et l’ONCF, cette rencontre réunit des représentants des pouvoirs publics, des institutions financières, des opérateurs ferroviaires et des investisseurs.

Les échanges portent notamment sur les priorités d’investissement, les mécanismes de financement et l’interopérabilité des infrastructures.

LNT

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