Le confidentiel Xpeng G6, condensé de technologies et voiture agréable à conduire, fait comme souvent mentir la réputation des chinoises, et se place comme un concurrent crédible au Tesla Model Y.
L’homme d’affaires est d’ailleurs tout aussi fantasque que son homologue sud-africain, puisqu’il projette de commercialiser une voiture volante dès 2026 en Chine, où la législation est assez souple pour accomplir ce tour de force.
Cela donne le ton quant aux ambitions de Xiaopeng, qui a pour espoir de beaucoup s’appuyer sur l’IA, la robotique et l’aéronautique pour développer ses voitures.
Mais, comme on pourrait s’en douter, il ne s’agit pas d’un écervelé pour autant, preuve en est : des entreprises aussi réputées que « traditionnelles », comme Volkswagen et BNP Paribas, ont investi dans la marque chinoise.
Dans la famille Xpeng, à côté de l’imposant et cossu G9, on retrouve le G6, qu’il est difficile, en particulier du point de vue du design, de ne pas comparer au Tesla Model Y, son concurrent tout désigné.
Au même look de SUV coupé et au gabarit similaire (4,75 m), le G6 affiche également le même épurement stylistique quand il s’agit de ses optiques, qui consistent simplement en de minces bandeaux à LED.
L’aérodynamisme, essentiel pour les voitures 100 % électriques, a été visiblement bien travaillé, comme le révèlent ces poignées de portes affleurantes et rétractables.
Dans l’habitacle, l’espace est au rendez-vous, tant aux places avant qu’arrière. Le coffre est lui aussi volumineux avec sa capacité de chargement importante de 571 l. Il est regrettable que l’automobile ne propose pas de « frunk », utile pour ranger un câble de recharge notamment.
La présentation, elle, est tout aussi agréable à l’œil qu’au toucher. On retrouve des matériaux de qualité tels que le cuir nappa sur la sellerie, de l’alcantara sur les montant latéraux ou quelques touches d’aluminium ci et là. En sus, les finitions ne souffrent d’aucune critique. Dans cet aspect, cela ne fait aucun doute, le G6 fait carrément premium.
Concernant les différentes fonctionnalités et l’ergonomie, l’essentiel est concentré dans les écrans. Pas de bouton physique pour activer la climatisation, seuls quelques raccourcis subsistent au volant, chauffant au passage.
Pour ce faire, en plus des nombreuses autres commandes, il faut naviguer dans l’écran central tactile positionné horizontalement, utilisable comme un écran de smartphone.
Cela est très intuitif lorsque le véhicule est à l’arrêt, mais peut vite sembler complexe pendant que l’on roule.
Pour ce qui est de la conduite, le G6 se laisse mener avec aisance. En plus des aides à la conduite variées, que l’on peut désactiver facilement et qui ne sont pas, pour cette fois, trop intrusives, la voiture intègre un planificateur d’itinéraire, idéal pour tirer le meilleur de ses déplacements, en fonction des recharges.
Le G6 est pourvu de surcroît de plusieurs modes de conduite, dont certains activent la régénération de la batterie. Le mode « One Pedal », ici dénommé « Xpedale », met en marche un frein moteur important lorsqu’on lève le pied.
Ce dernier permet de recharger l’imposante batterie de 80 kWh de capacité nette, installée sous l’habitacle. Celle-ci dernière est de type LFP (lithium-fer-phosphate), ce qui l’autorise à résister plus dans le temps et, combinée à une architecture 800 volts, à accueillir des charges sur borne ultra-rapide.
Sur voie rapide, l’insonorisation est quasi-parfaite : les bruits de roulement et d’air sont inexistants. Si l’on ajoute à cela les 485 ch et 660 Nm de couple de la version Performance – celle dont traite cet article – on obtient une machine redoutable et silencieuse avec un excellent ressenti, et des accélérations fulgurantes (0 à 100 km/h en 4,1 sec seulement).
En ville, malgré les jantes de 20 pouces, le confort est intact, même sur revêtement irrégulier. Les quatre roues motrices assurent quant à elle une conduite sécurisante et maîtrisée. De plus, si les accélérations peuvent s’avérer très franches, il en va de même pour le freinage qui s’appuie sur des disques ventilés.
Sans utiliser de mode éco, la consommation, dans les faits, se révèle raisonnable (près de 19 kWh/100 km). Pour ce qui est de l’autonomie de 510 km avancée par le constructeur, on atteint sans embûche les 400 km.
Lorsqu’on adopte un rythme plus soutenu, les 2,2 t de l’engin se révèlent rapidement être un handicap, provoquant entre autres quelques mouvements de caisse.
Qui plus est, le G6 s’enfonce sur ses suspensions, avec pour conséquence immédiate une tendance à sous-virer. Malgré sa fiche technique que l’on peut qualifier de sportive, le comportement reste, lui, flegmatique.
Une fois la batterie vide, la recharge, grâce à son architecture 800 volts, peut se faire en 12 minutes (de 10 à 80 %) avec une puissance de 451 kW, une référence en la matière.
Cela place particulièrement bien ce Xpeng G6 dans la concurrence, lui permettant de rester cohérent sur de longs trajets.
En somme, le G6 présente une alternative idéale au Model Y à un prix encore plus abordable (50.990 € pour la version Performance), en affichant des prestations comparables à celles de l’Américaine. Un point qui incite à la réflexion…
Vitesse maxi : 200 km/h
Accélération de 0 à 100 km/h : 4,1 sec
Conso mixte WLTP constructeur (kWh/100 km) : 17,9
Autonomie constructeur (km) : 510
Temps de charge borne ultra-rapide 451 kW : 12 min*
Poids à vide (kg) : 2 220
*de 10 à 80 % de capacité
Données techniques
Puissance fiscale (CV) : 12
Moteurs électriques : À induction à l’avant (150 kW), synchrone à aimants permanents à l’arrière
Batterie : Lithium-fer-phosphate
Capacité nette (kWh) : 80
Puissance maxi (ch) : 485
Couple maxi (Nm) : 660
Transmission : Intégrale
Boîte : bva 1 vitesse
Pneus : 255/45 R20
Dim. L x l x h (m) : 4,75×1,92×1,65
Empattement (m) : 2,89
Volume du coffre à 5/à 2 (l) : 571/1 374
Durée de garantie : 7 ans ou 160 000 km (8 ans pour la batterie)
