Ils pensaient pouvoir enfumer la loi dans la douceur nocturne de Sidi Bouzid. Ils avaient tort. Dans l’ombre du soir tombant, un silence lourd a précédé l’assaut. Ce mardi 5 janvier, à l’heure où le soleil s’abîme dans l’Atlantique, la côte pacifiée d’El Jadida a vu déferler une vague d’un autre genre : celle de la gendarmerie royale, lancée sur la piste traîtresse de la chicha.
Pendant cinq heures, les portes volent en éclats, non dans la violence, mais dans l’autorité froide du droit. À l’intérieur, le butin de la désobéissance : 370 narguilés, alignés comme des trophées de guerre, avec leurs flacons mystérieux, leurs tuyaux entrelacés, leurs braises éteintes. Un attirail complet de la clandestinité.
Cette opération, baptisée du nom de code silencieux des missions de police administrative, n’est pas un coup d’éclat isolé. Elle s’inscrit dans le plan plus vaste de la Commandement Régional de la Gendarmerie Royale d’El Jadida, qui nettoie, méthodiquement, les provinces d’El Jadida et Sidi Bennour. Une chasse à l’illégalité qui ne faiblit pas, menée par ceux qui veillent dans l’ombre pour que le jour soit clair.
Ce soir à Sidi Bouzid, l’air sent à nouveau le sel et le vent.
Plus de fumée.
