La Bourse de Casablanca a démontré une vigueur remarquable en 2025. Les signaux restent au vert pour 2026, portés par des chantiers structurants. Mais les investisseurs devront faire preuve de prudence.
Premier constat que l’on peut tirer de cette étude : 2025 restera dans les annales boursières comme l’année de tous les records. Alors que l’environnement international était marqué par des tensions géopolitiques persistantes et une rivalité économique accrue entre les grandes puissances, le marché marocain a affiché une vigueur remarquable. En effet, si l’indice mondial MSCI World a réalisé une belle progression de 21,60%, soutenue par l’assouplissement monétaire des banques centrales, la Bourse de Casablanca a fait nettement mieux avec une envolée de 27,57%. Cette performance s’est concrétisée par l’atteinte de sommets inédits, l’indice MASI culminant à 20.233,5 points le 27 août 2025, tandis que la capitalisation boursière franchissait le seuil psychologique et historique des 1.000 milliards de dirhams.
Cette dynamique est le résultat d’une convergence de facteurs puissants. Le marché a bénéficié d’un afflux massif de capitaux, alimenté à la fois par les liquidités issues de l’amnistie fiscale et par l’introduction de «papiers frais» (nouvelles actions) via de nouvelles cotations. Parallèlement, la baisse des taux directeurs orchestrée par Bank Al-Maghrib a créé un effet d’arbitrage favorable aux actions, détournant une partie de l’épargne vers la bourse.
Paradoxalement, malgré la flambée des cours, le marché est devenu fondamentalement plus attractif. Cette situation s’explique, selon M.S.IN, par l’explosion de la masse bénéficiaire des sociétés cotées, qui a bondi de 52,6% au seul premier semestre 2025. Grâce à cette croissance spectaculaire des profits, le ratio de valorisation du marché (PER, ou Price-to-Earnings Ratio) s’est assaini, passant d’un niveau élevé de 35,3x en 2024 à un niveau plus soutenable de 22,9x en 2025.
Le marché marocain aborde donc l’année 2026 avec des fondamentaux robustes, les investisseurs étant prêts à payer 22,9 fois les bénéfices de l’entreprise pour acquérir une action, contre 35,3 en 2024. Cela signifie que le marché est moins cher par rapport aux bénéfices des entreprises, ce qui peut signifier que les actions sont sous-évaluées ou que les investisseurs sont plus prudents.
Au-delà des agrégats macroéconomiques, M.S.IN indique que la cote casablancaise sera animée en 2026 par des catalyseurs sectoriels tangibles. Le secteur du BTP et des matériaux de construction, déjà très sollicité, continuera de tourner à plein régime. Cette dynamique sera portée par la préparation des infrastructures pour la CAN 2025 et la Coupe du Monde 2030, ainsi que par le programme titanesque de reconstruction post-séisme d’Al Haouz, doté de 120 milliards de dirhams sur cinq ans.
Cette attractivité devrait être renforcée par une animation accrue du marché primaire. La dynamique des introductions en bourse (IPO) et des augmentations de capital devrait se poursuivre, permettant de diversifier la cote et de capter l’épargne des investisseurs particuliers. L’organisation des élections législatives en 2026 pourrait également contribuer à renforcer le climat de confiance et l’optimisme des opérateurs économiques.
La formule de calcul du PER est la suivante : PER = Prix de l’action / Bénéfice par action (BPA). Par exemple, si le prix d’une action est de 100 dirhams et que le BPA est de 5 dirhams, le PER serait de 20 (100 / 5 = 20).
Le PER est important car il permet aux investisseurs d’évaluer si une entreprise est surévaluée ou sous-évaluée par rapport à ses bénéfices. De plus, il permet de comparer la valeur de différentes entreprises ou marchés. Enfin, le PER peut aider les investisseurs à prévoir les performances futures d’une entreprise ou d’un marché.
Un marché peut avoir un PER élevé, ce qui signifie que les investisseurs ont des attentes élevées pour la croissance future du marché, tandis qu’un PER faible signifie que les investisseurs ont des attentes plus basses. Un PER élevé peut indiquer que le marché est surévalué ou qu’il a des attentes élevées pour la croissance future. Faible, il peut indiquer que le marché est sous-évalué ou qu’il a des attentes basses pour la croissance future.
En conclusion, le ratio de valorisation du marché (PER) est un indicateur clé pour les investisseurs qui cherchent à évaluer la valeur d’une entreprise ou d’un marché. Il est important de comprendre comment le PER est calculé et interprété pour prendre des décisions d’investissement éclairées.
