Face aux interrogations des députés sur l’aggravation du déficit commercial, le Secrétaire d’État chargé du Commerce extérieur, Omar Hejira, a défendu la logique des importations marocaines, largement dictées par l’investissement et l’industrialisation, tout en dévoilant une feuille de route articulée autour de cinq priorités pour relancer les exportations. Des annonces sont attendues d’ici la fin du mois de janvier.
Pour le Secrétaire d’État auprès du ministre de l’Industrie et du Commerce, l’évolution de ce déficit ne peut être dissociée de la trajectoire économique du Royaume. La progression des importations, a-t-il soutenu, accompagne directement les investissements lourds engagés dans les infrastructures et le renforcement de l’appareil productif national.
Dans ce cadre, Omar Hejira a mis en avant un chiffre central : près de 62 % des importations du Maroc relèvent de postes jugés non compressibles. Il s’agit essentiellement des produits énergétiques (13 %), des biens d’équipement (24 %), des matières premières (21 %) et des produits agricoles, principalement les céréales (4 %). Des intrants indispensables, selon lui, au fonctionnement de l’économie et à la poursuite des grands projets structurants.
Le responsable gouvernemental a rappelé que la réalisation d’infrastructures stratégiques – routes, ports, aéroports ou équipements sportifs – impose un recours significatif à l’importation, notamment dans la perspective de l’organisation d’événements d’envergure continentale et mondiale. La dynamique industrielle du pays obéit à la même logique, a-t-il ajouté, citant les secteurs de l’automobile, de l’aéronautique et de la construction navale, dont le développement repose sur l’accès à des équipements et intrants importés.
La première priorité porte sur la diversification de l’offre exportable, afin de réduire la dépendance actuelle à un nombre restreint de filières, aujourd’hui limitées à six grands secteurs. Le deuxième axe vise l’élargissement des débouchés géographiques. Actuellement, environ 70 % des exportations marocaines sont absorbées par les marchés européens, notamment la France et l’Espagne, une concentration jugée excessive par les autorités.
Troisième levier : l’accompagnement des exportateurs. Le gouvernement ambitionne de soutenir près de 400 nouvelles entreprises pour faciliter leur accès aux marchés internationaux et renforcer leur capacité à exporter durablement.
Le quatrième axe concerne la réévaluation des accords de libre-échange. Des discussions sont en cours avec plusieurs partenaires, dont la Turquie, afin d’améliorer l’accès des produits marocains à ces marchés ou d’encourager un accroissement des investissements étrangers au Maroc. Des annonces concrètes sur ce volet devraient intervenir au cours du mois de janvier, a indiqué Omar Hejira.
Enfin, la digitalisation du commerce extérieur constitue le cinquième pilier de cette stratégie, avec pour objectif de moderniser les procédures, fluidifier les échanges et aligner le dispositif national sur les standards du commerce international.
Le Secrétaire d’État a toutefois pointé une participation jugée insuffisante des entreprises aux mécanismes de soutien à l’exportation. Évoquant un possible déficit d’information, des incompréhensions ou des contraintes pratiques, il a assuré que son département reste disposé à dialoguer avec les opérateurs économiques afin d’identifier les freins et d’y apporter des réponses adaptées.
