Vendredi à 20h, en quart de finale de la CAN Maroc-2025, face au Cameroun, aura lieu un premier rendez-vous avec l’histoire. Un choc de Lions se déroulera au Stade Prince Moulay Abdellah sous les yeux d’un public acquis à la cause du onze marocain. Mais que valent nos adversaires, qui assument jusque-là leur statut de grande nation de cette joute continentale ?
Face à cette dernière, les Lions Indomptables n’ont pas vraiment eu à forcer leur talent. En laissant la balle à leur adversaire (36 % de possession sur l’ensemble du match), ils se sont contentés de s’appuyer sur leurs atouts offensifs, et de faire mal ponctuellement, notamment sur coup de pied arrêté.
En effet, les Camerounais ont ouvert le score suite à un corner, par l’intermédiaire de Junior Tchamadeu, puis ils ont fait le break en début de deuxième période sur une belle tête de l’avant-centre du Bayer Leverkusen, Christian Kofane. Les Bafana Bafana ont réagi, mais trop tard, par Magkopa (88ème). Le match était déjà plié.
David Pagou, sélectionneur de l’équipe nationale du Cameroun depuis novembre 2025 (il a été désigné pour suppléer à Marc Brys, qui a eu de nombreux démêlés avec Samuel Eto’o et la Fédération Camerounaise de Football, la Fecafoot), quelques semaines donc avant le début de cette CAN, a bénéficié de peu de temps pour mettre ses préceptes et son équipe en place.
L’entraîneur, qui a fait ses preuves dans le championnat camerounais, en remportant l’Elite One en 2020 ainsi que la Coupe nationale en 2021 avec le PWD Bamenda, est réputé pour faire confiance à de jeunes joueurs.
En effet, il en a surpris plus d’un lors de l’annonce de sa liste pour la compétition africaine. Exit les cadres que sont André Onana (au demeurant engagé dans un conflit latent avec Samuel Eto’o, président de la Fecafoot), Éric Maxim Choupo-Moting et Vincent Aboubakr, Pagou a mis en place un effectif dicté par la fraîcheur et le talent.
Preuve en est, la moyenne d’âge du onze de départ de 24,4 ans face à l’Afrique du Sud, le même que celui adopté au premier tour contre la Côte d’Ivoire.
Avec son 3-4-2-1 équilibré, David Pagou ne cherche pas à dominer son adversaire en lui confisquant le ballon. Pendant le premier tour, son équipe n’a pas affiché plus de 46 % de possession face au Gabon (victoire 1-0), 49 % contre la Côte d’Ivoire (1-1) et 50 % face au Mozambique (victoire 2-1).
Par contre, le Cameroun fait partie de ces équipes qui savent convertir leurs occasions quand il le faut. Contre l’Afrique du Sud notamment, les Lions Indomptables ont eu trois grosses occasions pour dix tirs, et deux buts à la clé. Walid Regragui devra garder cela en tête au moment de choisir sa charnière centrale et de coucher les noms sur le papier.
Au niveau de ses joueurs, le Cameroun est bien loti, particulièrement dans le secteur offensif. Ainsi, on retrouve en numéro 10 de ce team Bryan Mbeumo, jeune talent de Manchester United. Avec les Red Devils, l’attaquant de 26 ans a marqué pas moins de 6 buts et délivré une passe décisive en 16 matchs de championnat.
En tant qu’attaquant de pointe et avec 2 buts à son compteur dans cette CAN (il est le meilleur buteur du Cameroun), Christian Michel Kofane est la principale arme de David Pagou. À 19 ans à peine, il est incontournable au Bayer Leverkusen et a marqué 3 buts en 14 apparitions en Bundesliga, sans oublier un but et une passe décisive réalisés en 6 rencontres de Ligue des champions. Danny Namasso, qui évolue à l’AJ Auxerre, en prêt du FC Porto, complète cette attaque à trois (25 ans, 2 buts et une passe décisive en 14 matchs de Ligue 1).
Au milieu de terrain, David Pagou s’appuie sur les jeunes Arthur Avom Ebong (21 ans), milieu relayeur du FC Lorient, et Carlos Baleba (22 ans), milieu défensif de Brighton. En pistons, le sélectionneur camerounais a le plus souvent aligné Darline Yongwa (25 ans, FC Lorient) à gauche et Junior Tchamadeu (22 ans, Stoke City) à droite.
Enfin, en défense, le Cameroun peut compter sur un mélange de mâturité et de jeunesse, avec Nouhou Tolo (28 ans, Seattle Sounders), l’imposant Samuel Kotto (1,9 m, 22 ans, La Gantoise) et Che Malone (26 ans, USM Alger).
Dans les cages, c’est le gardien de but du Dinamo Bucarest qui sera en charge d’assurer le dernier rempart contre nos Lions, en l’absence d’Andre Onana. À 32 ans, il est aussi l’aîné du onze initial proposé par David Pagou contre la Côte d’Ivoire et l’Afrique du Sud, qui devrait être très proche voire identique à celui aligné face au Maroc.
Sur les cinq dernières rencontres entre les deux équipes nationales (équipes A), le Maroc a dominé le Cameroun une fois, pour deux nuls et deux défaites.
Même si la dernière opposition a tourné à l’avantage des Lions de l’Atlas (2-0, le 16 novembre 2018 en éliminatoires de la Coupe d’Afrique des Nations), les Lions Indomptables ont globalement l’avantage.
Si le premier affrontement entre les deux nations date de 1986 (match nul 1-1 avec des buts d’Abdelkrim Krimau et de Roger Mila lors de la phase de groupes de la CAN 1986), le match de ce vendredi aura un léger parfum de déjà vu, puisque le Cameroun avait battu le Maroc deux ans plus tard, en 1988, en demi-finale de la première et unique CAN à domicile du Royaume chérifien (0-1, but de Cyril Makanaky).
Mais le sélectionneur national l’a énoncé en conférence de presse d’avant-match : « Le passé, c’est le passé. On est le nouveau Maroc. Ce qui s’est passé avant, je ne le calcule pas. »
Ce qui est certain, c’est que les Camerounais auront soif de revanche ce vendredi soir, après avoir échoué en demi-finale des barrages africains de la Coupe du monde 2026 (c’était en novembre face à la RD Congo). Ils n’avaient auparavant pas pu mieux faire qu’une deuxième place dans le groupe D des éliminatoires, derrière le Cap-Vert.
Les Lions de l’Atlas, qui évolueront devant un Stade Prince Moulay Abdellah que l’on espère en feu ce vendredi soir, ne seront évidemment pas là pour faire de la figuration. Ils devront répondre présents, forts de leur statut et de leur stature, eux qui ont déjà prouvé dans un passé récent qu’ils savent performer dans les grands moments.
Rendez-vous est pris par Walid Regragui et ses hommes… Nous entrons désormais dans le vif du sujet. Il est temps pour nos Lions de briller.
