Volontaires mais brouillons, les Lions de l’Atlas ont dû attendre la deuxième mi-temps ce dimanche, en huitièmes de finale de la CAN Maroc-2025 face à la Tanzanie, pour voir la qualification se dessiner. Une copie mitigée qui devra être améliorée face aux Camerounais, nos futurs adversaires en quarts, d’un autre calibre.
Si Bounou occupait invariablement les cages marocaines, Aguerd et Masina étaient reconduits en défense centrale, tandis que Hakimi était placé à droite de la défense pour sa première de la compétition en tant que titulaire, et récupérait le brassard de capitaine, alors que Mazraoui était déporté à gauche.
En l’absence d’Amrabat et Ounahi, le premier étant touché à la cheville et le second étant blessé pour le reste de la compétition, El Aynaoui et El Khannouss étaient positionnés au milieu dans un double-pivot complémentaire.
Plus haut, on retrouvait Díaz à droite et Ezzalzouli sur le côté gauche, ce dernier ayant largement donné satisfaction face aux Chipolopolo. Positionné en 10, Saibari était en charge de l’animation du jeu, tandis qu’El Kaabi, co-meilleur buteur avec Díaz et Mahrez avant l’entame du second tour (avec trois unités), évoluait en pointe de l’attaque.
L’entame du jeu était tanzanienne puisque c’étaient les Taifa Stars, volontaires, qui allumaient la première mèche. Mwalimu Abdallah était lancé en profondeur sur la droite et servait Msuva, alors que Bounou était trompé par la trajectoire du centre tendu. Trop court et au second poteau, le numéro 12 tanzanien manquait sa reprise de la tête devant un but vide (3’).
Les hommes de Regragui posaient ensuite le pied sur le ballon. Hakimi servait El Khannouss, lequel retrouvait El Aynaoui au centre, la frappe des 25 mètres de ce dernier filait au-dessus des buts gardés par Masaranga (11’).
Puis sur un coup-franc tiré de la gauche par Ezzalzouli, Saibari pensait ouvrir la marque de la tête. Mais le but était invalidé par la VAR à cause d’un hors-jeu du numéro 11 (17’, 0-0).
Un peu plus tard dans cette première période, Hakimi servait Saibari sur la droite, lequel trouvait Ezzalzouli d’un centre tendu. L’ailier gauche remisait sur Díaz, qui signait un tir trop enlevé, s’envolant au-dessus des cages (37’).
La minute suivante, El Khannouss passait le ballon à Ezzalzouli sur la gauche après un une-deux avec Díaz, le centre du joueur sévillan adressé à El Kaabi était un peu long et l’attaquant ne parvenait pas à le redresser malgré une belle tête plongeante (38’).
Il s’agissait là de la dernière tentative du premier acte, les deux équipes rejoignant les vestiaires après 7 minutes de temps additionnel. Les Lions de l’Atlas avaient globalement la maîtrise du match mais, trop approximatifs, ne parvenaient pas à se montrer décisifs.
Hakimi et Compagnie revenaient sur le terrain avec de meilleures intentions. Cela se vérifiait par une frappe trop écrasée de Saibari (47’), servi par Mazraoui.
À la 52’, El Khannouss brossait une frappe du droit au-dessus du cadre, sur un ballon de Hakimi, et à la 55’, El Kaabi décroisait trop sa tête sur un centre encore très précis du capitaine.
Puis sur un excellent centre de Hakimi, Ezzalzouli était l’auteur d’une tête qui ne parvenait pas à tromper Masaranga, lequel sortait difficilement le ballon en corner (57’).
À ce stade, on se disait que les Lions pouvaient regretter leurs occasions manquées, et les Taifa Stars étaient d’ailleurs proches de punir leurs adversaires dans les instants qui suivaient.
En effet, Bounou repoussait mal un tir flottant de Hussein, puis la gonfle retombait sur la poitrine de Mwalimu qui servait Salum, lequel tirait au-dessus du cadre à bout portant, provoquant la frayeur dans le camp marocain (56’).
Quelques minutes plus tard, sur un coup-franc des 20 mètres obtenu par Saibari, Hakimi trouvait la barre sur une frappe tendue (60’).
Les Marocains multipliaient les occasions mais se découvraient, leurs opposants donnant l’impression de pouvoir se montrer dangereux en contre.
Mais ce sont ceux qui évoluaient en rouge hier qui étaient récompensés de leurs efforts à la 64’, par l’intermédiaire de Díaz, servi par Hakimi, qui après une belle incursion dans la surface, tirait du droit dans un angle fermé. Masaranga, légèrement fautif sur ce coup, déviait la frappe dans ses buts d’une main un peu molle (1-0).
Le feu follet marocco-espagnol en est à sa quatrième réalisation dans cette compétition, se positionnant seul en tête du classement des meilleurs buteurs, et briguant légitimement un titre de meilleur homme de la CAN, si la chance venait à nous sourire à l’issue du tournoi.
Regragui procédait ensuite à quelques changements, faisant entrer du sang-neuf. Dans du poste pour poste, En-Nesyri remplaçait El Kaabi, Salah-Eddine suppléait à Mazraoui et Ben Seghir entrait à la place de Saibari (77’).
Puis Díaz, visiblement touché, cédait sa place à Targhalline, tandis que le Maroc passait en 4-3-3 dans cette fin de match (86’).
Une dernière alerte était à signaler, au bout du temps additionnel, alors que Masina poussait du bras Iddy Nado (90+4’), qui s’écroulait dans la surface de réparation.
L’arbitre malien de la rencontre, Boubou Traoré, ne bronchait pas, malgré les réclamations des joueurs et du banc tanzaniens. Une action litigieuse qui a beaucoup fait parler dans les médias étrangers et dans ceux de l’équipe visiteuse. La VAR, quant à elle, n’a pas jugé bon d’intervenir.
À l’image de l’ensemble du match, la qualification était acquise, mais dans la douleur.
Malgré les intentions offensives louables de Regragui, le Maroc a, comme souvent, eu du mal à trouver la faille, et la qualification ne s’est dessinée qu’assez tardivement, en milieu de seconde période.
Face à des Taifa Stars vaillants, la brèche était difficile à trouver, notamment en l’absence d’Ounahi, métronome et créateur du milieu de terrain, qui sera absent pour le reste de la compétition à cause d’une blessure subie à l’entraînement samedi. Mis à part le cas d’un retour anticipé d’Amrabat, El Khannouss doit encore prendre ses marques même si le temps manque, et montrer un peu plus, tant offensivement que, surtout, défensivement.
Si le sélectionneur s’est montré lucide à l’issue de la rencontre, rappelant que ses hommes ont été brouillons malgré leurs bonnes intentions, tout particulièrement en première période, il avait aussi déclaré auparavant que l’équipe se devait de monter en puissance tout au long de la compétition. Nous n’avons pas réellement pu le constater hier soir mais espérons que ce soit le cas face à de redoutables Lions Indomptables.
Car en effet, dans la soirée, le Cameroun est venu à bout de l’Afrique du Sud dans un match haletant, se qualifiant pour le stade suivant de la compétition. L’équipe entraînée par David Pagou se dressera face à nos hommes, proposant une opposition autrement plus relevée.
À noter enfin le très bon match de Hakimi, qui est bien revenu aux affaires. Une aubaine alors qu’on entre dans le vif du sujet de cette CAN jouée à domicile. Ezzalzouli confirme quant à lui, après avoir maîtrisé son sujet face à la Zambie. Remuant et provoquant balle au pied, il semble définitivement être le bon choix pour animer le couloir gauche. El Aynaoui, enfin, continue de montrer beaucoup de sang-froid dans l’entrejeu, qui plus est en l’absence d’Amrabat.
Les Lions de l’Atlas s’avancent donc avec quelques doutes, mais confiants de leur force, dans un quart de finale qui promet beaucoup de spectacle, entre deux nations majeures du continent africain.
