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mercredi, octobre 21, 2026

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Conduite responsable des entreprises : le Maroc face aux nouvelles exigences de compétitivité et de transparence

La conduite responsable des entreprises s’impose progressivement comme un enjeu d’accès aux marchés internationaux et d’attractivité des investissements. Réunis les 20 et 21 octobre à Rabat, à l’initiative de l’Agence marocaine de développement des investissements et des exportations (AMDIE) et de l’OCDE, plusieurs responsables institutionnels et représentants du secteur privé ont échangé sur les moyens de renforcer l’intégration des standards internationaux dans les pratiques des entreprises marocaines. La rencontre a également été marquée par la signature de cinq accords de coopération.

Organisé autour du thème « La conduite responsable des entreprises au Maroc : un levier stratégique de durabilité et de compétitivité », cet événement de deux jours intervient dans un contexte marqué par le renforcement des exigences internationales en matière de transparence, de traçabilité et de gouvernance.

La rencontre coïncide avec le 50e anniversaire des Principes directeurs de l’OCDE à l’intention des entreprises multinationales et les 15 ans de l’engagement du Maroc en faveur de la conduite responsable des entreprises (CRE).

Pour Ali Seddiki, directeur général de l’AMDIE et président du Point de contact national (PCN) marocain, ces évolutions modifient progressivement les critères d’appréciation des entreprises par les investisseurs et les partenaires commerciaux.

« La transparence des pratiques, la traçabilité et le respect des standards internationaux occupent une place croissante dans les décisions d’investissement et les conditions d’accès aux marchés », a-t-il souligné.

Selon lui, l’enjeu ne consiste plus uniquement à attirer davantage d’investissements, mais également à améliorer leur qualité, notamment en matière de création d’emplois, de valeur ajoutée, de développement des compétences et d’intégration des écosystèmes industriels.

Des engagements à leur application effective

Allan Jorgensen, directeur du Centre de l’OCDE pour une conduite responsable des entreprises, a insisté sur l’évolution des attentes à l’égard des acteurs économiques, dans un environnement marqué par les tensions géopolitiques, le changement climatique et les transformations technologiques.

Il a notamment présenté les résultats du premier rapport mondial de l’OCDE sur la conduite responsable des entreprises, publié en 2026. Selon ce document, 69 % des grandes entreprises cotées dans le monde, représentant 95 % de la capitalisation boursière mondiale, disposent d’un engagement public en matière de conduite responsable.

Toutefois, la traduction de ces engagements dans les pratiques opérationnelles, notamment au sein des chaînes d’approvisionnement, demeure inégale.

Pour Allan Jorgensen, la conduite responsable doit être intégrée aussi bien aux décisions des entreprises qu’aux politiques publiques. Il a également rappelé que 84 % des pays membres de l’OCDE ont introduit des réglementations dans ce domaine.

Ces évolutions concernent directement le Maroc, notamment dans les secteurs de l’automobile, de l’aéronautique, de l’agriculture, des énergies renouvelables et des matières premières critiques.

L’intégrité, une composante de la compétitivité

De son côté, Mohamed Benalilou, président de l’Instance nationale de la probité, de la prévention et de la lutte contre la corruption (INPPLC), a mis l’accent sur le rôle de l’intégrité dans le fonctionnement des entreprises.

Selon lui, la prévention de la corruption ne peut se limiter à l’adoption de chartes éthiques ou de procédures internes. Elle doit également se traduire dans les décisions de gestion, les relations commerciales, la sélection des fournisseurs et la prévention des conflits d’intérêts.

Il a notamment insisté sur la nécessité de mettre en place des mécanismes de contrôle adaptés aux risques propres à chaque entreprise, tout en soulignant la responsabilité des pouvoirs publics dans la création d’un environnement économique transparent.

« Nous considérons le secteur privé comme un partenaire essentiel dans l’édification du système national d’intégrité », a-t-il déclaré, estimant que la coopération entre les institutions publiques et les entreprises constitue un élément important de la prévention de la corruption.

Entreprises publiques et PME face aux nouvelles exigences

La question de l’application concrète de ces principes a également été abordée par Khalid El Hattab, directeur général adjoint de l’Agence nationale de gestion stratégique des participations de l’État (ANGSPE), intervenant au nom de son directeur général, Abdellatif Zaghnoun.

Il a rappelé le rôle des établissements et entreprises publics en tant que donneurs d’ordre majeurs, dont les exigences en matière de gouvernance et de durabilité se répercutent sur leurs fournisseurs.

« En 15 ans, la conduite responsable est sortie des déclarations pour entrer dans les contrats », a-t-il relevé, soulignant que les entreprises doivent désormais être en mesure de démontrer la réalité de leurs engagements.

Il a également évoqué les travaux engagés par l’ANGSPE pour renforcer le suivi des performances extrafinancières des entreprises publiques, ainsi que le lancement d’une revue de leur gouvernance en coopération avec l’OCDE.

Pour Bouthayna Iraqui Houssaïni, présidente de la CGEM Rabat-Salé-Kénitra, ces nouvelles exigences représentent également un défi pour les PME, qui disposent généralement de moyens plus limités que les grands groupes.

Elle a ainsi plaidé pour des dispositifs proportionnés à la taille et aux capacités des entreprises, afin d’éviter que les obligations de diligence raisonnable ne se traduisent par des charges supplémentaires difficiles à supporter.

La responsable a rappelé les initiatives de la CGEM dans ce domaine, notamment son label RSE et le lancement, en 2025, du label « PME Responsable ».

Cinq accords pour renforcer la coopération

L’ambassadeur de Suisse au Maroc, Valentin Zellweger, a pour sa part souligné l’importance de ces standards pour les entreprises exportatrices marocaines, rappelant que près des deux tiers des exportations du Royaume sont destinées à l’Union européenne.

Il a également réaffirmé le soutien de la coopération suisse, à travers le Secrétariat d’État à l’économie (SECO), au programme régional de l’OCDE consacré à la conduite responsable des entreprises.

La rencontre s’est achevée par la signature de cinq mémorandums d’entente entre l’AMDIE et l’INPPLC, l’ANGSPE, la CGEM, l’Association marocaine des industries du textile et de l’habillement (AMITH) et la Fédération nationale de l’agroalimentaire (FENAGRI).

Selim Benabdelkhalek

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