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FNACAM : les intermédiaires face aux défis de la tech et de l’évolution des risques

La transformation numérique, l’évolution des risques et les nouvelles attentes des assurés imposent une adaptation du métier d’intermédiaire d’assurance au Maroc. Réunis le 8 octobre à Casablanca, à l’occasion de la 10e rencontre annuelle de la Fédération nationale des agents et courtiers d’assurance au Maroc (FNACAM), les représentants de la profession, des compagnies d’assurance et de l’Autorité de contrôle des assurances et de la prévoyance sociale (ACAPS) ont abordé les réformes réglementaires en cours, la modernisation des réseaux de distribution et les perspectives de développement du marché.

Organisée autour du thème « Réinventer l’intermédiation face aux risques de demain », cette dixième édition de la rencontre annuelle de la FNACAM a été l’occasion de dresser un état des lieux des transformations que connaît le secteur de l’assurance au Maroc.

Dans son intervention, Farid Bensaïd, président de la FNACAM, a souligné la nécessité pour les intermédiaires de s’adapter à un environnement marqué par l’intelligence artificielle, les risques climatiques et l’évolution des attentes des assurés.

« Les risques évoluent, les technologies transforment nos pratiques et les attentes des assurés changent. L’intermédiaire d’assurance ne peut pas rester à l’écart de ces évolutions », a-t-il déclaré, insistant sur la nécessité de préserver l’expertise, la proximité et la relation de confiance qui caractérisent la profession.

La réforme du Livre IV enfin proche ?

Intervenant à cette occasion, Abderrahim Chaffai, président de l’ACAPS, a présenté les principales orientations du projet longuement attendu de réforme du livre IV du Code des assurances, consacré notamment à la distribution.

Selon lui, cette réforme vise à adapter le cadre réglementaire aux transformations du marché tout en maintenant le rôle de conseil et d’accompagnement des intermédiaires.

Le projet s’articule autour de quatre orientations. La première concerne le renforcement des compétences et de la qualification des professionnels. La deuxième porte sur l’amélioration de l’information des assurés et du devoir de conseil.

La troisième vise à faire évoluer les conditions d’accès à la profession, notamment par la suppression de certaines exigences liées aux diplômes universitaires et aux examens professionnels. Enfin, la quatrième orientation concerne l’innovation, avec la possibilité d’expérimenter de nouvelles technologies et de nouveaux services dans un cadre réglementaire adapté.

Le président de l’ACAPS a précisé que ces évolutions résultent d’un travail de concertation avec les représentants du secteur.

La digitalisation transforme les pratiques

La modernisation des procédures constitue un autre chantier important. Abderrahim Chaffai est notamment revenu sur la dématérialisation de l’attestation d’assurance automobile, dont une première phase opérationnelle a été engagée le 1er juillet 2026.

Le dispositif prévoit la délivrance d’attestations sécurisées, accompagnées de moyens permettant de vérifier leur validité. Des solutions techniques ont également été mises en place pour faciliter les contrôles effectués par les services de sécurité.

Parallèlement, l’ACAPS a engagé une révision des critères de tarification de l’assurance responsabilité civile automobile. Fondée sur des études actuarielles, cette évolution vise à mieux prendre en compte les caractéristiques des différentes catégories d’assurés et leur profil de risque.

La transformation numérique concerne également les relations financières entre compagnies et intermédiaires. L’Autorité a notamment instauré un dispositif de rapprochement semestriel des créances afin de mieux identifier les écarts et de sécuriser les relations entre les différents acteurs.

Un marché encore marqué par des disparités

Les données présentées par l’ACAPS montrent que les réseaux de distribution occupent des positions différentes selon les branches d’assurance.

Les agents demeurent particulièrement présents dans l’assurance automobile, qui représente environ 75% de leur portefeuille. Ils assurent également une part importante de la distribution de cette branche.

Les courtiers occupent, pour leur part, une position plus importante dans les autres branches non-vie et dans l’assurance vie, où leur activité est davantage concentrée.

Ces différences illustrent les spécialisations des réseaux, mais également les possibilités de diversification de leurs activités.

Le président de l’ACAPS a par ailleurs rappelé la progression de la dépense moyenne d’assurance par habitant, passée de 893 dirhams en 2015 à 1.715 dirhams en 2025, soit une augmentation de 92% en dix ans.

Malgré cette évolution, le secteur conserve un potentiel de développement, notamment auprès des populations encore peu couvertes.

Développer le marché plutôt que se répartir les parts existantes

Cette question a également été abordée par Mohamed Hassan Bensalah, président de la Fédération marocaine de l’assurance (FMA), qui a appelé les compagnies et les intermédiaires à renforcer leur coopération.

Selon lui, l’enjeu ne consiste pas uniquement à préserver les positions acquises, mais à développer le marché en touchant de nouvelles catégories d’assurés.

Il a notamment cité les très petites, petites et moyennes entreprises, les travailleurs indépendants et les ménages encore insuffisamment couverts.

Le président de la FMA a également évoqué plusieurs pistes de développement, parmi lesquelles l’élargissement de certaines assurances obligatoires, la micro-assurance, l’assurance agricole et les couvertures adaptées aux nouveaux risques.

Pour Mohamed Hassan Bensalah, la technologie doit accompagner cette évolution sans se substituer à la relation humaine, particulièrement importante lorsque les risques deviennent plus complexes.

Il a également évoqué les perspectives ouvertes par les évolutions du système de couverture sociale, notamment dans les domaines de l’assurance maladie complémentaire, du décès et de l’invalidité.

Enfin, les représentants du secteur ont insisté sur la nécessité de renforcer la qualité de service, le traitement des réclamations et la formation des professionnels.

Pour l’ACAPS, une vingtaine de leviers de développement ont été identifiés en concertation avec les acteurs du marché, autour de l’inclusion financière, de l’amélioration de l’expérience des assurés, de l’innovation et de la résilience du secteur.

Selim Benabdelkhalek

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