Visiblement, la formation du gouvernement Mansouri n’est qu’une question de temps. Certes, les consultations se poursuivent à un rythme soutenu, mais les signaux de l’annonce d’un nouveau Gouvernement se précise, surtout après l’éloignement du RNI qui n’a cessé, dès le début des négociations, de démontrer sa forte réticence à cohabiter avec le Gouvernement Mansouri. Le cas échéant, le PAM risquerait gros politiquement. FTZ Mansouri l’a certainement compris, l’heure de la grande séparation PAM/RNI a bel et bien sonné.
Samedi 3 octobre, au QG de la Balance à Rabat, Nizar Baraka, SG du parti, intervient pour interrompre un Istiqlalien en plein prise de parole : « J’ai une nouvelle pour vous : le PAM refuse l’offre du RNI de faire partie de la coalition gouvernementale ». Un grand bruit d’applaudissement emballe la salle. Mais très vite, Nizar Baraka est revenu sur son annonce, en disant qu’il s’est trompé ! Grande déception auprès des Istiqlaliens qui viennent de démontrer que le RNI n’est pas le bienvenu.
De là, on comprend que l’Istiqlal conditionne, entre autres, sa participation à l’éloignement du RNI. Pour le reste, on verra ! Il semble que la reconduction du Gouvernement Akhannouch ne manquerait pas d’entourer l’opération électorale dans son ensemble de doutes et de suspicions. Et par conséquent, il serait difficile de convaincre les autres partis de rejoindre une alliance PAM/RNI.
En ce début de semaine, la Cheffe du Gouvernement a accueilli le Premier Secrétaire de l’USFP, Driss Lachguer, et le SG du PPS, Nabil Benabdellah. Aucune déclaration n’a été donnée à l’issue de ces deux rencontres. Là, il semble qu’on s’approche de la conclusion. Car comme l’Istiqlal, le Livre et la Rose ont déjà exprimé leur refus catégorique de cohabiter avec le RNI dans le cadre du nouveau Gouvernement conduit par le PAM.
Politiquement, il semble surtout qu’entre le RNI, pourtant deuxième des législatives de septembre dernier, et les partis de la Koutla, soit 110 sièges, FTZ Mansouri aurait intérêt à opter pour l’Istiqlal, l’USFP et le PPS. De quoi crédibiliser et mettre à l’aise sa majorité, d’autant plus que les partis de la Koutla sont aujourd’hui les mieux placés pour négocier et débattre avec l’opinion publique sur des questions sensibles tels que la réforme de la Moudawana ou encore la problématique des retraites. Avec toute cette pression et les attentes en vue, les partis de la Koutla peuvent également offrir au Gouvernement Mansouri l’opportunité de négocier paisiblement avec les principales centrales syndicales sur les différentes questions socio-économiques prioritaires et de négocier des solutions réalistes et réalisables.
Au Parlement, les partis du Bloc Démocratique, contrairement au RNI, ont également cette capacité politique de faire face à une opposition des plus acharnée que le PJD, avec ses 54 siège, prépare à El Mansouri.
Aussi et dans un contexte pareil, les partis de la Koutla disposent d’une plateforme médiatique bénéficiant d’une importante crédibilité historique en mesure d’accompagner et de promouvoir les chantiers et les réformes au menu.
C’est dire que le PAM aurait certainement intérêt à embarquer sur son bateau les partis de la Koutla en plus d’un MP, avec 27 sièges, pour consolider sur le plan arithmétique cette fois-ci, sa majorité. Le RNI, privé aujourd’hui de son homme fort, Aziz Akhannouch, ne fait plus apparemment l’affaire aussi bien au sein de la majorité que dans l’opposition ! Un moment difficile pour la Colombe…
H.Zaatit
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