Cela fait un mois que le ciel se montre généreux, après sept années de sécheresse sévère, qui avaient peu à peu érodé l’espoir d’un retour à une normalité climatique – et surtout agricole – dans le cœur des Marocains. Ces précipitations ont non seulement revitalisé les barrages du Royaume, dont le taux global de remplissage frôle désormais les 40 %, soit plus de 6,5 milliards de mètres cubes, mais ont aussi ravivé un sou e d’optimisme dans un pays profondément agraire, où la croissance demeure étroitement liée aux performances du secteur agricole.
Dès lors, si les récentes précipitations ont permis à nos barrages de sortir de la zone rouge, le soulagement et l’optimisme doivent rester mesurés et ne doivent en aucun cas ouvrir la voie à l’insouciance ni au gaspillage. La pluie, aussi abondante soit-elle, ne justifie pas le retour de pratiques « hydrivores » que l’on voit d’ores et déjà réapparaître, à l’instar de l’arrosage excessif des espaces verts à l’eau potable, les longues douches chaudes ou le lavage de voitures sans retenue. La conscience collective, la prudence et la discipline doivent donc continuer à guider nos habitudes de consommation de cette ressource vitale, devenue à la fois précieuse et rare. Et n’oublions jamais que si une hirondelle ne fait pas le printemps, une ondée ou deux ne font pas non plus l’abondance hydrique.
