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Espagne reconduit l'arrêté de fermeture des frontières de Ceuta et Melilla

L’Espagne reconduit l’arrêté de fermeture des frontières de Ceuta et Melilla

SPAGNE / MAROC. Un arrêté du ministère espagnol de l’Intérieur, publié mardi 2 novembre 2021 au Bulletin officiel (BOE), prolonge d’encore un mois, jusqu’au 30 novembre 2021 à 00h00, la fermeture des frontières séparant le Maroc de Ceuta (Sebta) et Melilla (Mlilya ou Mlilt). Les autorités espagnoles n’excluent pas une nouvelle prolongation à l’issue de ce délai.

Madrid met en avant la situation épidémique de la Covid-19 dans le Royaume chérifien pour justifier cette décision. Le Maroc, qui ne figure donc pas sur la liste espagnole des pays vers lesquels les voyages sont autorisés, vient d’ailleurs, vendredi 29 octobre 2021, de repousser au 30 novembre 2021 la durée de l’état d’urgence sanitaire provoqué par la pandémie de coronavirus.

Depuis le 13 mars 2020 en raison de l’état d’urgence décrété en Espagne avec une assignation à résidence, et depuis une ordonnance du 17 juillet 2021 modifiant (à la date du 22 juillet 2021 à 00h00) les critères d’application d’une restriction temporaire des déplacements non essentiels des pays tiers vers l’Union européenne et les pays Schengen à cause de la crise sanitaire (c’est celle-là qui vient d’être prolongée), il n’est plus possible d’entrer dans ces deux enclaves espagnoles depuis le Maroc.

Les autorités marocaines n’acceptent le passage par les frontières de Tarajal (Ceuta) et de Beni Enzar (Melilla) qu’aux citoyens espagnols et à ceux d’autres pays de l’Union européenne restés bloqués sur son territoire.

Des travailleurs transfrontaliers bloqués à Ceuta

Des travailleurs transfrontaliers bloqués à Ceuta

L’association espagnole APDHA dénonce le sort des salariés frontaliers marocains (photo : APDHA)
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Les deux villes autonomes (Ciudad autonoma) de respectivement 87 000 et 80 000 habitants, se trouvent donc plus isolées que jamais. La situation s’avère de plus en plus contraignante pour les salariés marocains transfrontaliers bloqués dans ces enclaves.

« Certains travaillent quotidiennement à Ceuta depuis près de vingt ans, sans se voir reconnaître aucun droit et après la fermeture de la frontière, ils n’ont pas pu quitter la ville autonome ou voir leurs proches depuis plus d’un an et demi », critiquait l’Association andalouse des droits de l’homme (Asociación Pro Derechos Humanos Andalucía – APDHA). Inquiète du sort des travailleurs frontaliers, cette ONG basée à Séville a publié sur son site un manifeste, fin octobre 2021, pour dénoncer auprès de l’État espagnol et des autorités locales cette absence de permis de travail et de séjour malgré leurs contributions à l’économie de la ville.
Le texte avec les signatures recueillies sera remis au ministère espagnol de l’Intérieur, à la Délégation gouvernemental à Ceuta et au Médiateur espagnol.

Le 1er novembre 2021, une cinquantaine de travailleurs marocains sont venus manifester devant la délégation du gouvernement à Ceuta pour demander à quitter la ville. Selon Amin Souissi, « Ceuta devient une salle d’attente pour l’immigration en provenance du nord du Maroc et ces personnes sont traitées de manière cruelle en terme de travail et d’administration. » Le représentant de l’APDHA dénonçait le fait qu’ils « se retrouvent sans aucun type de document, sans carte transfrontalière, sans droit de sécurité sociale, alors qu’ils payent des cotisations de sécurité sociale depuis des années, ainsi que leurs impôts. »
Le 18 octobre 2021, Amin Souissi avait déjà accompagné une délégation de travailleurs transfrontaliers venus faire part de leurs revendications devant le même bâtiment. « La frontière est une chose, mais les droits que ces personnes ont acquis et auxquels elles ont droit doivent être respectés« , déclarait-il alors. Aujourd’hui, il indique que ce qui inquiète le plus ces Marocains, n’est pas de savoir quand ils vont pouvoir quitter Ceuta pour rejoindre le Maroc et voir leurs familles. Ils craignent, « qu’à leur retour, ils soient empêchés (d’entrer), car c’est là qu’ils disposent d’un travail. »

Des travaux d’aménagement se trouvent en effet en cours à la frontière de Ceuta. Ils s’effectuent dans le cadre d’un renforcement des conditions d’accès pour mieux contrôler les entrées, quand le passage pourra rouvrir. « Nous voulons que la frontière soit totalement rénovée avant sa réouverture« , soulignait mi-octobre 2021 Salvadora Mateos. La déléguée du gouvernement de cette ville autonome a tenu à préciser que les salariés marocains transfrontaliers, disposant de contrats de travail, seront les premiers alors à pouvoir traverser à nouveau la frontière. Son homologue à Melilla, Sabrina Moh, évoquait à la même période, une possibilité d’ouverture des passages frontaliers de « manière graduelle« .

PAR Frédéric Dubessy Econostrum

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